Le chrétien et les guérisons miraculeuses

Certains chrétiens ont vécu des expériences de guérison miraculeuse. Ceci ne devrait pas nous surprendre du tout puisque Dieu est toujours vivant et il fait toujours des miracles. La question que certains se posent par contre est : « est-ce que toutes les maladies vont être guéries aujourd’hui grâce à l’Esprit Saint ? Comment ? Par la prière ? Par l’intervention d’une personne qui a un don de guérison ? Quelle devrait être « l’expérience normale » des chrétiens aujourd’hui ?

Pour répondre à ces questions, il faudrait regarder quelle était l’expérience de l’Église primitive, il faudrait retourner à l’époque à laquelle les apôtres et les disciples de Jésus étaient encore sur Terre. Quelle était leur expérience au sujet des guérisons une fois que Jésus était parti et que l’Esprit Saint était venu?

L’expérience de guérison de l’Église primitive

L’expérience de Tabitha

Un premier exemple au sujet de la guérison c’est le cas de Tabitha dans Actes 9 :

36 Il y avait à Joppé, parmi les disciples, une femme nommée Tabitha, ce qui signifie Dorcas, elle faisait beaucoup de bonnes oeuvres et d’aumônes.37 Elle tomba malade en ce temps-là, et mourut. Après l’avoir lavée, on la déposa dans une chambre haute.38 Comme Lydde est près de Joppé, les disciples, ayant appris que Pierre s’y trouvait, envoyèrent deux hommes vers lui, pour le prier de venir chez eux sans tarder.39 Pierre se leva, et partit avec ces hommes. Lorsqu’il fut arrivé, on le conduisit dans la chambre haute. Toutes les veuves l’entourèrent en pleurant, et lui montrèrent les tuniques et les vêtements que faisait Dorcas pendant qu’elle était avec elles.40 Pierre fit sortir tout le monde, se mit à genoux, et pria; puis, se tournant vers le corps, il dit: Tabitha, lève-toi! Elle ouvrit les yeux, et ayant vu Pierre, elle s’assit.41 Il lui donna la main, et la fit lever. Il appela ensuite les saints et les veuves, et la leur présenta vivante.

Au verset 37 on voit que Tabitha – bel et bien une chrétienne (v.36) – est tombée malade. Qu’est-ce que les chrétiens font ? Est-ce qu’ils jeûnent ? Est-ce qu’ils appellent quelqu’un avec le don de guérison ? Est-ce qu’ils appellent les anciens de l’église ? On ne le sait pas, mais on peut assumer qu’ils font de leur mieux selon leurs moyens. Quel est le résultat de leurs interventions ? Échec total : Tabitha est vraiment morte (v.37). Malgré tous leurs efforts (y inclus très probablement la prière de sa part et de la part de ceux qui l’aimaient – dont sa communauté – v.39) Tabitha succombe à sa maladie. Imaginez-vous la déception !

C’est à ce moment-là, en dernier recours, que Pierre est appelé – et il la ressuscite. Est-ce que Pierre a la même attitude que Jésus devant la mort de Lazare ?  Il n’y a aucune indication dans le texte. Cet événement nous rappelle plutôt de la guérison de la fillette de 12 ans par Jésus.

L’expérience d’Epaphrodite

Une autre expérience avec la maladie est le cas d’Epaphrodite. On ne sait pas quand Epaphrodite était tombé malade, mais, d’après ce qu’on lit dans le texte, l’apôtre Paul était avec lui lors de sa convalescence. Nous lisons cet épisode dans Phil 2 :

25 J’ai estimé nécessaire de vous envoyer mon frère Epaphrodite, mon compagnon d’oeuvre et de combat, par qui vous m’avez fait parvenir de quoi pourvoir à mes besoins.26 Car il désirait vous voir tous, et il était fort en peine de ce que vous aviez appris sa maladie.27 Il a été malade, en effet, et tout près de la mort; mais Dieu a eu pitié de lui, et non seulement de lui, mais aussi de moi, afin que je n’eusse pas tristesse sur tristesse.28 Je l’ai donc envoyé avec d’autant plus d’empressement, afin que vous vous réjouissiez de le revoir, et que je sois moi-même moins triste.29 Recevez-le donc dans le Seigneur avec une joie entière, et honorez de tels hommes.30 Car c’est pour l’oeuvre de Christ qu’il a été près de la mort, ayant exposé sa vie afin de suppléer à votre absence dans le service que vous me rendiez.

Remarquez quel est le ton, la réaction de Paul et de la communauté chrétienne de Philippes : loin d’avoir la paix et une attitude victorieuse envers la maladie (comme s’il n’y a rien là que la maladie – parce que grâce à nos jeûnes et prières, grâce aux guérisseurs et aux apôtres – on est plus que victorieux sur la maladie et la mort), tous ces premiers chrétiens voient dans la maladie un ennemi redoutable qui pourrait les séparer d’Epaphrodite. Ils se font des soucis pour lui (v.26) et Paul reconnait que c’est une grâce que « son compagnon de combat » soit guéri.  « Dieu a eu pitié de lui, et […] de moi » — nous dit Paul, l’apôtre des non-juifs à travers qui bien des miracles ont été accomplis.

Qu’est-ce que tout ceci nous fait réaliser ? Au lieu que la guérison miraculeuse soit un acte normal, usuel qui faisait partie de l’expérience normale des chrétiens à l’époque de Paul, la guérison miraculeuse était en fait une faveur divine exceptionnelle, une grâce que Dieu leur faisait de temps en temps. La guérison surnaturelle n’était pas aussi usuelle et naturelle pour les chrétiens de l’époque de Paul comme d’aller acheter une boisson gazeuse d’une distributrice automatique. Plutôt que la norme, c’était une exception.

Le cas de Timothée

Lorsqu’on parle de maladie et de guérison, le cas qui vient le plus souvent à nos esprits est celui de Timothée :

1Tim. 5:22   Ne pose les mains sur personne avec précipitation et ne t’associe pas aux péchés d’autrui. Toi-même, garde-toi pur. 23 Cesse de ne boire que de l’eau, prends un peu de vin à cause de ton estomac et de tes fréquents malaises. 24 Les péchés de certains hommes sont évidents avant même qu’on les juge, mais chez d’autres ils ne se découvrent que par la suite. 25 De même, les belles œuvres sont évidentes et celles qui ne le sont pas ne peuvent rester cachées.

Remarquez : Paul aurait pu demander à Timothée de prier et jeûner pour ses malaises fréquents. Il aurait pu lui dire d’aller voir un guérisseur ou, encore mieux, il aurait pu le guérir à distance. Au lieu de toutes ces bonnes options surnaturelles, Paul lui dit de boire du vin – un « médicament » courant pour les problèmes d’indigestion à l’époque. Pourquoi?

Le cas de Trophime

Dans 2Tim 4:19 à 20 Paul fait mention de plusieurs chrétiens connus par Timothée, dont  Eraste – un des collaborateurs proches Paul [1] – ainsi que de Trophime. Il est donc très probable que Trophime soit lui-même un chrétien et, étrangement, l’apôtre Paul a laissé Trophime malade à Milet. Pourquoi?

2 Tim 4:20 Eraste est resté à Corinthe et j’ai laissé Trophime malade à Milet.

Pourquoi est-ce que Paul ne l’a pas guéri tout de suite?

La réponse qui correspond le mieux à ce qu’on voit dans le Nouveau Testament ainsi qu’à l’expérience de l’église c’est que « Oui – Dieu fait toujours des miracles ». « Oui – Dieu guérit toujours. » Mais – tout comme le pain de la communion n’est pas le festin qu’on aura un jour dans la présence du Seigneur, tout comme nous sommes encore sous le pouvoir du péché et de la mort (même les chrétiens charismatiques meurent un jour) – nous sommes aussi sous le pouvoir de la maladie.

Qu’étaient censés faire les premiers chrétiens lorsqu’ils étaient malades ?

Bien évidemment, à part prier pour leurs propres maladies et prendre des remèdes, selon Jacques 5, la solution contre la maladie n’est pas d’aller chercher un guérisseur ou bien aller à une réunion de guérison (comme on en entend parler de nos jours), mais plutôt de faire venir les anciens :

13 Quelqu’un parmi vous est-il dans la souffrance? Qu’il prie. Quelqu’un est-il dans la joie? Qu’il chante des cantiques.  14 Quelqu’un parmi vous est-il malade? Qu’il appelle les anciens de l’Eglise, et que les anciens prient pour lui, en l’oignant d’huile au nom du Seigneur; 15 la prière de la foi sauvera le malade, et le Seigneur le relèvera; et s’il a commis des péchés, il lui sera pardonné.  

Conclusion : quelle était l’expérience des premiers chrétiens avec la maladie et les guérisons ?

Malheureusement, un peu comme le reste de nos expériences dans la vie d’église, le parfait n’est pas encore là. Le Royaume de Dieu avec sa plénitude n’est pas encore de ce monde. Oui – on aperçoit la gloire de Dieu lorsque des gens sont guéris – mais la guérison miraculeuse est une expérience rare plutôt que l’expérience normale du chrétien (bien évidemment, je ne parle pas ici d’égratignure, rhume, grippe, etc. – qui sont tous des grâces du Seigneur – mais plutôt de cancers en phase terminale, pertes de vue, handicaps physiques). Tout comme le pain de la sainte cène n’est pas le grand festin à venir, tout comme l’église est loin d’être la belle épouse parfaite qu’elle sera un jour, tout comme notre amour les uns envers les autres est loin de l’amour du Seigneur envers nous  – nous vivons toujours « dans le désert », en chemin vers notre terre promise, vers la nouvelle création que Dieu nous a promise.

Comment comprendre certains passages qui semblent promettre la guérison ?

Marc 16:17-20 (la fin de Marc)

En vue de l’expérience des premiers chrétiens telle que décrite dans les Actes des apôtres et les lettres du NT, ce passage n’est pas prescriptif, mais descriptif. Autrement dit, la fin de Marc décrit en quelques versets les expériences des actes miraculeux dont témoigne le livre des Actes et le reste des écrits du Nouveau Testament.

1Cor 12 (les dons spirituels des Corinthiens)

Dans 1Cor 12 Paul reconnait que les Corinthiens avaient toutes sortes de dons spirituels, y inclut celui de guérison. Par contre, il faut se rappeler que ce chapitre se trouve dans le contexte de la correction du désordre qui se trouvait à Corinthe, où il y en avait même qui insultaient le Seigneur (v3). Dans ce contexte, l’emphase de Paul n’est pas sur la puissance des dons, l’importance de les rechercher, mais, au contraire, sur l’unité de l’église et l’utilisation de tous les dons pour le bien des autres chrétiens qui font partie de la communauté et, en fin de compte, pour l’édification de l’église – le corps de Christ. On peut même aller à un extrême et se demander à quel point ces chrétiens-là avaient vraiment les dons spirituels qu’ils disaient plutôt que juste des prétentions vantardes. Je m’explique : vu le désordre et l’orgueil qui abondaient dans cette église-là, il est possible que Paul – pour ne pas se perdre dans les détails et devoir argumenter sur des expériences et des ouï-dires à ne plus en finir – ait choisi de se concentrer sur le point principal : l’amour.


 

[1]Eraste : on le mentionne en Actes 19:22 comme étant un des aides de Paul. Il semble aider Paul encore en 2 Tim 4.

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Qu’est-ce que Dieu pense du fait que je vis avec quelqu’un sans être marié?

Vivre en concubinage est la norme de nos jours au Québec.  On soutient parfois « qu’il faut bien essayer avant d’acheter » — un slogan invalide qui a toutes sortes de conséquences négatives pour le couple, la famille et la société.[1]

En tant que chrétiens par contre, nous pouvons (et voulons) nous fier à la sagesse de Dieu quant aux relations hommes-femmes plutôt que de vivre selon ce qui nous semble bon ou bien ce que la société déclare comme étant acceptable. Donc, qu’est-ce que Dieu pense des relations sexuelles hors mariage?

Voici quelques idées (un peu brouillon) sur ce sujet.

Concubinage (ou autre relation sexuelle) vs mariage

Quelle est la différence entre le concubinage, avoir des relations sexuelles avec consentement et, d’un autre côté, le mariage?

  • Il y a une distinction entre être marié et avoir une concubine :  2 Chronicles 11:21
  • Lire Jean 4 : quelle est la relation entre la femme qui vient chercher de l’eau et son homme? Qu’est-ce que Jésus en pense?

Comment est-ce que le mariage est différent du concubinage?

« Le concubinage est la marque d’un amour au rabais, d’un amour qui ne s’engage pas dans la durée (jusqu’à la mort). Pour les chrétiens, vivre en concubinage, c’est ignorer la dimension de l’alliance, un élément fondamental de la foi chrétienne. Les chrétiens qui vivent dans le concubinage sont des chrétiens qui suivent l’esprit libertin du monde. Ils devraient concentrer leurs regards sur le Christ qui s’est livré sans retenue pour nous.”[2]

Avoir des relations sexuelles avec quelqu’un ne constitue pas un mariage!

  • Exod. 22:16-17; 
  • Deut. 22:20, 28-29  (impureté sexuelle)
  • Déut 22:24 : à quel point une femme devient-elle mariée? L’importance du contrat/alliance

Le mariage en tant qu’alliance

  • Malachi 2:14 — Mariage entre un homme et une femme vs image de la relation entre Dieu et son peuple
  • Eph 5 : Mariage homme femme — une image de la relation Dieu – église

Comment comprends-tu ces versets?

  • Hé. 13:4 : Que le mariage soit honoré de tous et le lit conjugal épargné par la souillure : ceux qui se livrent à l’immoralité sexuelle et à l’adultère, Dieu les jugera. 
  • 1Cor 7:2-5
  • 1 Corinthians 7:39 : La durée illimitée du lien de mariage

Principes généraux

  • 2Cor 8:21
  • Rom 12:17
  • 1Cor 10:31

Amour et réciprocité

  • La Bible nous exhorte de nous aimer les uns les autres, de traiter les autres de la même manière qu’on aimerait être traités:
  • Comment est-ce que votre exemple sera suivi par vos enfants et d’autres personnes qui sont censés vous regarder comme des modèles? 
  • Est-ce que tu aimerais mieux que ta fille vive en concubinage avec un autre homme ou aimerais-tu mieux qu’elle soit mariée avec lui? Ton fils avec une autre femme? Que penserais-tu de cette femme-là qui accepte de vivre en concubinage?

[1] Ray Fowler, Statistics on Living Together Before Marriage, http://www.rayfowler.org/2008/04/18/statistics-on-living-together-before-marriage, accédé le 14 mars 2018.

[2]Daniel Arnold, Célibat, fiançailles et concubinage sous l’éclairage bibliquehttps://www.promesses.org/celibat-fiancailles-et-concubinage-sous-leclairage-biblique, accédé le 14 mars 2018.