Est-ce que la pornographie constitue une base légitime pour le divorce?

Aujourd’hui (un peu comme dans le temps lorsque les pharisiens abordaient Jésus en lui demandant « Est-il permis à un homme de répudier sa femme pour n’importe quelle raison? ») notre culture approuve le divorce peu importe la raison! Par contre, pour ceux qui veulent cherchent la voix de Dieu et qui veulent vivre en accord avec la Bible, pour ceux qui vivent les grands déchirements qui précèdent un divorce, savoir quand abandonner l’espoir de la réconciliation est suivre la voie du divorce est important.


Petit arrière-plan historique: à l’époque de Jésus, la question  du divorce était surtout une question de « est-ce qu’un mari peut divorcer son épouse » puisque si un homme divorçait sa femme il l’a réduisait à être une mendiante – à moins qu’elle puisse se remarier (ou à retourner chez ses parents — si elle en avait). Donc, avoir un acte de divorce lorsque la femme était chassée de la maison, à l’époque, c’était souvent une question de survie pour la femme. Ainsi, étant donné le contexte socio-économique de l’époque, les femmes étaient prêtes à souffrir beaucoup avant de quitter un mariage. D’où l’utilisation du masculin (l’homme qui divorce la femme) dans les texts sacrés.


Dans cet article, je vais commencer par faire quelques observations par rapport au texte en question (Mat 19:3-12) en ensuite je vais faire référence à quelques articles déjà écrits sur le sujet.

Premièrement, qu’est-ce que le mot « porneia » veut dire? Voici quelques observations (pour ou contre chaque position):

  • en général, il fait référence à une relation sexuelle illicite[1]
  • c’est le mot à l’origine du mot « pornographie. » Par contre, juste parce que « porneia » est à la base du mot pornographie ne veut pas nécessairement dire que Jésus incluait la pornographie dans les causes légitimes pour le divorce en Mat 9.[2] Il y a bien des mots français qui ont comme racine le grecque ou le latin mais n’ont pas grand chose à voir avec le mot d’origine! Notez aussi qu’en Mat 5:28, Jésus utilise l’expression « celui qui est caractérisé par le fait de regarder une femme pour la désirer » plutôt que d’utiliser le mot « porneia. »
  • ce mot est similaire (mais évidemment, pas le même) que le mot « moihea » (adultère) qui apparaît dans la deuxième partie du verset. Pourquoi est-ce que Jésus utilise les deux mots ensemble?
  • est-ce que la pornographie (telle que connue aujourd’hui) était un phénomène connu à l’époque de Jésus? Est-ce que c’était un problème digne d’être mentionné? Evidement, regarder des femmes pour les désirer était assez répandu à l’époque de Jésus, mais, même aujourd’hui, on le distingue de la pornographie.
  • dans ce contexte (tout comme dans le contexte de Mat 5:32), le mot « porneia » est associé à la femme plutôt qu’à l’homme — est-ce que les femmes auraient été impliquées dans la pornographie?

Maintenant, voici quelques extraits d’articles que j’ai trouvé convaincants.

[…]un mari qui refuse de renoncer à son affaire avec toute forme de pornographie a trahit son alliance avec son épouse. De manière générale, c’est une question de temps avant qu’il cherche à agir sur la convoitise qu’il cultive dans son cœur par la pornographie. Dans tels cas, une femme a une base de faire appel aux paroles de Jésus comme motif de divorce aussi.

De façon réaliste, cependant, si Jésus veut dire que la convoitise sexuelle était un motif de divorce dans tous les cas, alors la majorité des maris pourrait être divorcé sur cette base. Quel mari peut dire que son esprit n’a jamais erré dans le domain des pensées sexuelles? Quand nous essayons de comprendre les implications des paroles de Jésus, nous devons nous rappeler quel était le contexte dans lequel Jésus a parlé de l’envie sexuelle et de l’adultère. Le point principal de Jésus était de ne pas donner a un époux des motifs généraux de divorce. Il a fait le lien entre le désir sexuel et l’adultère avant de faire le point que le péché est juste une question de comportement : c’est aussi une affaire de cœur.[3]

En essayant de discerner comment interpréter le passage de Matthieu 5 sur la convoitise sexuelle, il est important de noter que le passage fait partie d’une série de sujets que Jésus adressait selon une formule semblale: « Vous avez entendu qu’il a été dit [en citant l’Ancien Testament], mais je vous dis [enseignant la signification de la loi tout comme Jésus le fait en Matthieu 5:17] »

Jésus utilise cette formule pour aborder la colère (5: 21-26), la convoitise sexuelle (5: 27-30), divorce (5: 31-32), garder ses promesses (5: 33-37), représailles (5: 38- 42), et les obligations envers ses ennemis (5: 43-48).[4]

« L’adultère virtuel » comme une cause de divorce est trop subjectif: Supposez que vous surprenez votre conjoint en regardant un site web ou un magazine pornographique juste une fois, vous sentiriez-vous alors justifiée de le divorcer? Non? Et si c’était le cas deux fois, peut-être trois ou quatre fois? Supposons que vous le trouvez en train de flirter avec une autre personne, allez-vous lui demander le divorce? Peut-être que s’il était en train de regarder une émission de télévision sensuelle ou qu’il feuilletait le catalogue de lingerie féminine — serait-ce une cause suffisante pour le divorce?

Ces exemples démontrent que l’adultère virtuel comme cause de divorce est laissée à la fantaisie et l’opinion de l’individu, plutôt qu’à l’autorité des écritures. Une telle norme serait pas fondée sur la Parole de Dieu, mais sur le degré de blessures émotionnelle du conjoint offensé. En outre, cela met le mari ou la femme dans la position inapproprié et impossible de « chercher le cœur » de son conjoint ou de sa conjointe.[5]


J’aime bien m’assurer que j’ai bien considéré les deux côté de le médaille dans mes articles. Si vous avez d’autres arguments à ce sujet d’un côté ou de l’autre, laissez-moi le savoir! Merci!


[1] définition de « porneia » selon le dictionnaire du grecque utilisé dans le temps de Jésus, BDAG, p854:

πορνεία (of various kinds of ‘unsanctioned sexual intercourse’: Demosth. et al.; LXX, En, Test12Patr; GrBar [in vice lists]; AscIs, Philo, apolog. exc. Ar. W. φθορά Iren. 1, 28, 1 [Harv. I 220, 14])

1. unlawful sexual intercourse, prostitution, unchastity, fornication, 1 Cor 5:1ab (CdeVos, NTS 44, ’98, 104–14); 6:13 (on 1 Cor 5–6 s. PTomson, Paul and the Jewish Law: CRINT III/1, ’90, 97–102); Hm 4, 1, 1. In a vice list (cp. AscIs 2:5) Ro 1:29 v.l. W. ἀκαθαρσία 2 Cor 12:21; Gal 5:19; Eph 5:3; Col 3:5. Differentiated fr. μοιχεία (Philo, Mos. 1, 300; s. also πορνεύω 1) Mt 15:19; Mk 7:21 (WGabriel, Was ist ‘porneia’ im Sprachgebr. Jesu?: Ethik 7, ’31, 106–9; 363–69); Hm 8:3; D 5:1 (the pl. denotes individual acts). On the other hand μοιχεία appears as πορνεία (cp. Sir 23:23) Hm 4, 1, 5. Of the sexual unfaithfulness of a married woman Mt 5:32; 19:9 (for the view that ref. is made in these pass. to forbidden degrees of marriage, s. 2 below.—JSickenberger, TQ 123, ’42, 189–206, ZNW 42, ’49, 202ff; KStaab [παρεκτός 2]; AAllgeier, Angelicum 20, ’43, 128–42. Cp. AFridrichsen, SEÅ 9, ’44, 54–58; AIsaksson, Marriage and Ministry in the New Temple, ’65, 127–42 [lit.]; s. also JFitzmyer, TS 37, 76, 197–226). Caused by lust D 3:3. διὰ τὰς πορνείας 1 Cor 7:2 (the pl. points out the various factors that may bring about sexual immorality; PTomson [s. above] 103–8). BMalina, Does Porneia Mean ‘Fornication’? NovT 14, ’72, 10–17. φεύγειν τὴν π. 6:18. Also ἀπέχεσθαι ἀπὸ τῆς π. 1 Th 4:3 (cp. Tobit 4:12). ἐκ π. γεννηθῆναι be an illegitimate child, a bastard (cp. Cephalion [II AD]: 93 fgm. 5 p. 444, 5 Jac. ἐγέννησε ἐκ πορ.; Gen 38:24) J 8:41. On ἀπέχεσθαι τῆς πορνείας καὶ πνικτοῦ Ac 15:20 (cp. vs. 29; 21:25 and s. 2 below) s. the lit. s.v. πνικτός and in BBacon, The Apost. Decree against πορνεία: Exp. 8th ser., 7, 1914, 40–61.

2. participation in prohibited degrees of marriage, fornication (s. Lev. 18:16–18; cp. Acts 15:20–29, s. Bruce, comm. Ac; 21:25) Mt 5:32; 19:9 (w. some favor RSmith, Matthew [Augsburg] ’89,100; RGundry, Matthew ’82, 91: “no need to adopt obscure definitions of πορνείας, such as marriage within the forbidden degrees. . . . The specific word for adultery does not appear in the exceptive phrase simply because a general expression occurs in Deuteronomy” [24:1], but s. BWitherington, NTS 31, ’85, 571–76: ‘except in the case of incest’. On these pass. s. 1.).

[2]D.A.Carson, Exegetical Fallacies, p 33-35.

[3]Jeff Olson, Does a Wife Whose Husband Views Pornography Have Grounds for Divorce?, http://questions.org/attq/does-a-wife-whose-husband-views-pornography-have-grounds-for-divorce, accédé le 10 Sept 2015

[4]Brad Hambrick, Is pornography a biblical ground for divorce?, http://www.bridgehavencounseling.org/wp-content/uploads/2012/06/BCA_Pornography-Marriage_Hambrick.pdf, accédé le 10 Sept 2015

[5]Mark Larson, Is Pornography Grounds for Divorce?, http://markelarson.blogspot.ca/2007/03/is-pornography-grounds-for-divorce.html, accedé le 10 Sept

[6]Jerry Starling, QUESTION: Is Habitual Pornography Grounds for Divorce?, https://committedtotruth.wordpress.com/2009/10/22/question-is-habitual-pornography-grounds-for-divorce/comment-page-1/#comment-14360, accedé le 10 Sept 2015

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2 réflexions sur “Est-ce que la pornographie constitue une base légitime pour le divorce?

  1. emmanuelproulx

    Un autre facteur a comprendre est que la pornographie est scientifiquement reliée a 1- l’insatisfaction dans le couple 2- le divorce.

    Reste a savoir Qu’est-ce qui cause quoi.

    1. La question n’est pas là, Emmanuel. Mon contexte est bien spécifique, beaucoup plus restreint que ce dont tu parle. L’audience de cet article se limite vraiment à ceux qui croient vraiment que Dieu existe et qu’il ne joue pas à cache-cache avec nous mais qu’il s’est révélé à travers la Bible.

      Si je crois vraiment que Dieu m’aime et qu’il est bien plus sage que moi (c’est ce que nous croyons), je voudrais vraiment faire sa volonté car elle sera pour mon bien. Le problème devient alors comment distinguer la volonté de Dieu (qu’on entend le plus précisément à travers la Bible) de nos propres émotions et pensées (qui nous « parlent » très fort) ainsi que des voix de la culture (celle-ci ou celle d’il y a 100 ans). C’est pas toujours évident.

      C’est pour ça aussi que certaine discussions doivent se faire en communauté, dans un groupe, pour justement baisser le son un peu de notre égo.

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